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Baignée par les eaux froides du courant du Labrador, la faune mammalienne marine des îles Saint-Pierre et Miquelon (N46°47'00", W56°10'00") situé à une vingtaine de km de la côte Sud de Terre-Neuve, profite de la grande richesse des eaux du pourtour de la grande île.

Malgré de nombreuses observations de cétacés par les pêcheurs et les échouages sur nos côtes, il n’a jamais été fait jusqu’à présent de synthèses écrites.

Les termes génériques : « Gros poissons », « souffleurs », « baleineau », « cachalot », « globicéphale », « orque »  sont employés indifféremment pour désigner tous ces cétacés à Saint-Pierre et Miquelon. 

L’histoire raconte que la présence de 2 naturalistes (Roger Etcheberry et Alain Desbrosse) en 1983 sur un sommet de Miquelon a conduit, des années plus tard, à la création d’une base de données sur les mammifères marins.

Roger Etcheberry nous relate les faits :

« Tout a commencé par un bel après-midi de fin d’été, le 16 septembre 1983, où nous observions quelques souffles du côté des rochers de l’Est de Miquelon. C’est là que nous avons décidé de partir les regarder de plus près. Dès le lendemain matin, c’est dans une petite embarcation de 11 pieds de long, le « FURET », appartenant à Michel Borotra, que nous prîmes le large. Le temps était de la partie : mer d’huile, pas un souffle de vent. Nous nous sommes rapidement trouvés au milieu d’une quarantaine de cétacés : baleines à bosses, petits rorquals, rorquals communs, tous très occupés à se gaver de crevettes afin de se constituer des réserves, avant de jeûner dans les eaux chaudes des Caraïbes durant l’hiver.Ce jour là, nous n’avons réussi qu’une seule photo de queue de Baleine à bosse (au 50 mm), mais cette image devait beaucoup faire parler d’elle. Nous l’avons envoyée à Jon Lien, très connu à Terre–Neuve pour ses recherches sur ces animaux et pour le groupe qu’il a mis en place pour les délivrer des filets des pêcheurs. C’est lui qui nous a mis en contact avec ALLIED WHALE, un groupe de recherche de Bar Harbor dans le Maine aux États-Unis auquel nous avons envoyé des diapos pendant quelques années.On sait que les dessins de la face ventrale des baleines à bosse sont uniques pour chaque individu, un peu comme nos empreintes digitales.ALLIED WHALE nous a appris que cette première photo de baleine à bosse avait été photographiée 6 mois auparavant le 10 mars, à Porto-Rico par Dave Matila. On s’est rendu compte depuis que l’animal a beaucoup voyagé, ayant effectué un parcours jusque là assez peu connu des scientifiques :

Þ  Juillet 1989: Groenland

Þ  Avril 1990 : Golfe du Maine

Þ   été 1992 :  Groenland (on sait que c’est une femelle). »


Depuis plusieurs dizaines d’années maintenant la base de données de Saint-Pierre et Miquelon s’est enrichie par les observateurs qui attestent de la présence régulière de ces mammifères dans nos eaux.  Voici les espèces recensées localement. Cette liste atteste que l’archipel est d’un intérêt certain pour l’observation de cette faune.    

Espèces :  

Statut pour St Pierre et Miquelon 

Petit rorqual  (Balaenoptera acutorostrata) 

Régulier

Rorqual commun  (Balaenoptera physalus) 

Régulier 

Rorqual boréal (Balanaenoptera borealis) 

Occasionnel ou régulier 

Rorqual bleu  (Balaenoptera musculus) 

Rare 

Baleine à bosse  (Megaptera novaeangliae) 

Régulier 

Dauphin bleu et blanc (Stenella caeruleoalba) 

Rare échouage  

Dauphin commun (Delphinus delphis) 

Occasionnel régulier, le plus commun en fin d’été  

Dauphin à bec blanc (Lagenorhynchus albirostris) 

Régulier 

Dauphin à flancs blancs (Lagenorhynchus acutus) 

Régulier 

Globicéphale noir (Globicephala melas) 

Régulier  

Orque, Epaulard  (Orcinus orca) 

Occasionnel voire régulier 

Marsouin commun (Phocoena phocoena) 

Plutôt régulier 

Cachalot macrocéphale (Physeter macrocephalus) 

Occasionnel  

Cachalot Pygmée (Kogia breviceps) 

Rare échouage 

Bélouga (Delphinapterus leucas) 

Rare échouage 

 

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